Mon expérience du lycée français de Budapest

September 3, 2018

 

Le lycée français Gustave Eiffel de Budapest (LFGEB) a été créé en 1962 dans le 6ème arrondissement de Budapest, avec 17 élèves, toutes générations confondues. Depuis, il a connu de nombreux changements concernant sa position au sein de la capitale, pour se situer aujourd’hui à l’ouest du second arrondissement et compter 715 élèves, dont environ 280 Français.

 

   Le lycée Gustave Eiffel est caractérisé par les près de 40 nationalités qui y sont présentes. Des centaines de familles hongroises, françaises et internationales décident d’inscrire leurs enfants au sein de ce lycée qui est le seul établissement de l’AEFE (Agence pour l'enseignement français à l'étranger – une administration relevant du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères de la France) présent dans le pays.

 

   En effet, le LFGEB est bien caractérisé par la devise de l’AEFE : „Excellence, partage, rayonnement”. Il a en effet démontré, et continue à le faire, à travers ses résultats, sa démographie et ses programmes, qu’il s’agit bien d’un lycée visant un parcours scolaire ambitieux, mais aussi ouvert sur l’Europe et le monde. Le parcours des étudiants le démontre le mieux : une partie importante des étudiants intègre des universités dans des pays qui ne sont souvent pas ceux où ils sont nés. Les élèves de ma promotion ont initié leurs études secondaires notamment aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Espagne mais aussi à Abu-Dhabi et au Canada. Le parcours proposé par le lycée Gustave Eiffel permet aux étudiants aussi bien d’intégrer des universités françaises comme s’ils avaient étudié en France, que de continuer leur parcours en Hongrie. Selon moi, le meilleur indicateur de « l’excellence » est bien le taux de réussite de 100 % au baccalauréat presque chaque année, avec des proportions de mentions « bien » et « très bien » souvent 2 ou 3 fois plus élevées que dans un lycée français en France. 

 

   Sans doute l’une des plus grandes richesses du lycée, à mes yeux, est son aspect multiculturel : ma classe de terminale se composait notamment d’étudiants venus de Russie, des Pays-Bas, de Chine, de la République Démocratique du Congo, d’Allemagne et évidemment de Hongrie et de France. Il était tout-à-fait habituel pour certains de parler 3 ou 4 langues dans la même journée, en cours ou entre amis. Le lycée permet le développement de cela non seulement avec des cours intensifs en langues, mais en assurant des activités extra-scolaires dans différentes langues. J’ai par exemple eu la chance de pratiquer le théâtre en espagnol durant 2 ans, ainsi qu’en anglais durant 4 ans et en français pendant 5 ans.

 

   Le LFGEB est tout autant dédié à l’ouverture et au partage grâce a plusieurs programmes d’échanges d’élèves venant de lycées en Hongrie mais aussi de France. Le très beau documentaire „Lassan de Biztosan” („Lentement mais sûrement”) a été produit par les étudiants du Lycée Olivier de Serres à Quetigny. Il s’agit de leur échange avec le LFGEB. Il démontre bien la perspective et le vécu des lycéens français venus en Hongrie, mais aussi la vie dans notre lycée. 

    De même, le lycée se concentre sur de nombreuses activités culturelles et associatives. A part les nombreuses activités extrascolaires à caractère culturel qui sont proposées (musique, théâtre, danse), un très bon exemple de l’effort des professeurs, des élèves et du personnel du lycée est démontré dans cette vidéo que je conseille sincèrement de regarder pour mieux sentir l’ambiance du lycée. Le but ambitieux qui a été visé était la lecture complète des Métamorphoses d’Ovide en 12 heures, sans pause. Une des activités culturelles qui m’était la plus chère était le „Café Philo” animé une fois par mois par la professeure de Philosophie du lycée, qui est ouvert aux élèves, aux parents mais aussi à tous les francophiles et francophones qui souhaitent réfléchir ensemble.

 

   Le lycée français organise de plus des activités orientées vers le monde social et civique. Les étudiants participent régulièrement depuis plus de 5 ans au festival ANAMESA, qui a comme but de donner aux étudiants et à la population au sens plus large, un regard nouveau sur le handicap à travers l’art. La visite récente de M. János Martonyi, l’ancien Ministre des Affaires Etrangères de Hongrie dans le lycée, un évènement réunissant des élèves du réseau AEFE en Europe pour les faire réfléchir sur l’idée de l’Europe ainsi que les Modélisations des Nations Unies organisés par les élèves du lycée démontrent aussi la préoccupation des étudiants sur le monde dans lequel ils vivront.

 

   Ainsi, le lycée français de Budapest s’appuie sur le multiculturalisme le caractérisant, pour non seulement encourager des activités culturelles et l’amélioration du niveau des langues de ses étudiants, mais surtout pour leur permettre de découvrir des horizons variés. Cela s’inscrit dans une ambition d’excellence académique, mais aussi d’ouverture d’esprit qui se forge à travers les interactions entre élèves ayant un passé (et un futur) souvent très différents.

 

 

 

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